Une Cerise au potager

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La toison de l'angora
Qualité et texture

Déterminer quel est le type de fourrure idéale à rechercher chez un angora demeure difficile tant que l'on n'a pas eu l'occasion d'en toucher de nombreux, de souches et d'origines complètement différentes ! Il est donc très important de se déplacer en exposition et de rencontrer d'autres éleveurs afin de se faire une bonne idée des différences importantes de densité, de longueur et structure de la laine qui existent.

Structure et texture de la laine

Chez le mouton, on dit que plus la laine a de « crimp » (ondulations), plus elle est fine. Une laine bien ondulée aura un diamètre fin rendant la fibre élastique. Au contraire, plus le diamètre du poil est élevé, plus la fibre sera grossière. Ainsi, selon le système de mesure de Bradford une laine est considérée comme fine quand on peut compter 11 ondulations tous les 2,5 cm. Elle est moyenne quand elle comporte entre 6 et 10 ondulations pour 2,5 cm et en dessous de 6 ondulations, elle est dite épaisse.

L'estimation de la finesse de la laine détermine son usage : une laine fine servira à l'habillement tandis qu'une laine plus grossière pourra être utilisée pour garnir des coussins ou faire des tapis. La finesse de la laine détermine aussi le nombre de pelotes que l'on obtiendra avec un certaine quantité de laine : contrairement à ce que l'on pourrait penser, plus la laine est fine, plus on fera des pelotes ! À quantité égale, une laine fine produira plus de pelotes qu'une laine grossière.

De même, pour tricoter un même modèle, même numéro d'aiguilles, il faudra 800 g de mouton, 450 g d'alpaga et 300 g de lapin car c'est la longueur de la fibre et sa finesse qui est déterminante, non le grammage.

Le diamètre des fibres se mesure en microns (millionième de mètre, c'est à dire qu'il y a 1000 microns dans un millimètre). A titre de référence, un cheveu humain fait 50 à 60 microns (Grassert 2010).

Plus le poil est brillant, plus il est lisse, donc grossier. Les poils fins sont mates.

Il est relativement facile de mesurer la longueur du poil, il est en revanche plus difficile de déterminer sa densité : le plus simple est de presser à plat les mains sur la laine du dos du lapin et de voir en combien de temps elle se remet en place. Plus la fibre est élastique, plus elle est dense et composée de sous poil.

En ce qui concerne la texture, le tout est de trouver un bon ratio entre les poils de garde, c'est-à-dire les barbes et les jarres qui sont des poils presque raides et lisses, et le sous-poil composé par les duvets qui sont eux très ondulés et élastiques. (Pour plus de détails sur la structure du poil, reportez-vous à mon article Spécificités du poil de l'angora).

Une toison très jarreuse se reconnaît à son aspect brillant et satiné, presque méchée, tandis qu'une toison composée en majorité de sous poils apparaîtra plus mate, duveteuse et cotonneuse, comme une barbe à papa.

L'angora français, réputé mondialement pour la qualité de sa laine, doit avoir un ratio de 30 % de poils de garde dans sa toison, ce qui est beaucoup. Les poils de jarres jouent un rôle importants dans le filage de la laine car ils ont à leur pointe une tête en forme de flamme et cette aspérité, en plus du petit crochet de la racine du poil (puisque le poil est récolté par épilation), confère de la solidité au poil, il lui permet de mieux accrocher. Les jarres confèrent à la laine filée cet effet de halo si joli : comme ils sont plus raides, ils ressortent du fil.

Comment reconnaître un lapin au poil très jarreux ?

Sur poils longs : le poil est assez brillant, il a de la tenue.

Sur un lapin tondu : les poils de jarres poussent plus vite que les duvets, un mois et demi ou deux mois après la tonte, on les voit très nettement dépasser de la fourrure.

Une fois la fourrure à sa longueur maximum, la différence est moins nette mais toutefois visible.

J'ai remarqué que plus les lapins vieillissent, plus ils développent de poil de garde.

Certains lapins ont une fourrure comportant très peu de poils de garde. La texture du poil est alors duveteuse et plus mate, extrêmement douce puisqu'elle n'est composée que de poils très ondulés et fins.

Une fois filée, cette laine est encore plus douce que celle du français puisqu'il n'y a que peu de poils qui ressortent du fil. Mes angoras de souche allemande ont un sous poil particulièrement dense et peu de poils de jarres : leur laine est utilisée surtout pour les sous-vêtements à porter directement sur la peau. Du fait du grand nombre d'ondulations dans chaque duvet, le fils conserve une bonne tenue, même si il est récolté par tonte et qu'il lui manque donc les crochets des racines.

La texture idéale

Une fourrure un peu brillante, douce et bien dense est le but de tout éleveur. On souhaite également récolter une fibre qui se file facilement et tienne bien mais surtout, on recherche une fourrure raisonnablement facile à entretenir !

Selon mon expérience, plus la fourrure conteint de poils de garde, moins elle s'emmêle. Les duvets feutrent vite en raison de leur finesse et de leur forme ondulante ! Mes lapins les plus cottoneux sont parfois déjà feutrés « sous les bras » dès 10 semaines après la tonte !

La texture idéale est donc celle qui contient le plus de sous poil possible tout en restant facile à entretenir et de bonne tenue grâce aux jarres.

De même, la longueur et la densité sont un équilibre à trouver : plus les angoras sont sélectionnés sur la longueur du poil, plus ils perdent en densité. Le manque de densité du sous poil se voit à la raie sur le dos que développent parfois certains lapins qui ont un poil à la fois très long et assez jarreux : ils rappellent les cochons d'inde shelties.

En revanche, plus la densité est élevée, plus le lapin ressemble à une grosse boule, le dos prend l'apparence d'un ballon, mettant ainsi en valeur l'aspect « boule de neige » du lapin ! La texture et la qualité de laine idéale sont avant tout dictées par le standard, comme c'est le cas chez l'angora français et l'allemand : les français sélectionnent sur le ratio de jarres, les allemands privilégient le sous poil. Le choix peut aussi se faire sur le type d'ouvrage que l'on souhaite réaliser avec sa laine : laine plus jarreuse pour un pull, plus laineuse pour un sous-vêtement… Pour carder à l'aiguille, un poil bien laineux et pas trop long convient parfaitement : cela permets de valoriser la laine « catégorie deux » !

Bibliographie

Chu, B., Hide and Seek: Judging English Angora [en ligne]. Betty Chu English Angoras, 1998.
Disponible sur : <http://bettychuenglishangora.com/judging/> (Consulté le 28 octobre 2012)

Grassert, P., Les supers sont-ils super ? [en ligne]. Paul Grassart Tailleur, 2010.
Disponible sur : <http://www.paulgrassart.com/les-supers-sont-ils-super/> (Consulté le 28 octobre 2012)

Meek, D., Breed Standard [en ligne]. Don's Angoras.
Disponible sur : <http://www.angoras.co.uk/brstand06.htm> (Consulté le 28 octobre 2012)

Rougeot, J., Thébault, RG., Le lapin angora : sa toison, son élevage. Maisons-Alfort : Point Vétérinaire, 1984. - 182 p. : ill. ; 21 cm. Bibliogr. p. 176-180. - ISBN 2-86326-035-9.